Scénographie

La cabine

Il y aurait sur scène une cabine, «cabine à parole», une sorte de studio (comme un studio d’enregistrement ou un studio radio), dans lequel plusieurs personnes pourraient entrer, non sans y être vues et fort à l’étroit, ce qui permet des moments scéniques intéressant. La cabine serait rectangulaire et on verrait à l’intérieur grâce à des vitres. Dedans il y aurait deux chaises et deux micros de diffusion. C’est un espace dans l’espace scénique.

Cette cabine peut être le lieu de la chambre d’hôpital, du mausolée ou de l’imagination de la femme. Il peut être aussi dans des cas extrêmes, un endroit où l’on s’enferme pour faire des choses qu’on n’oserait pas faire en public, comme s’éffondrer en pleurs, hurler de joie ou même prier. Un exutoire. Elle signifie donc le «tout dehors» ou le «tout dedans».

Thème des espaces

— La question des limites. Sortir de soi, la schizophrénie, confondre l’intérieur et l’extérieur.
— La question du volume scénique.
Cela donnerait une femme dans un environnement aussi indéfinissable que le désert, une planète blanche, un champ vaste de fleurs sauvages ou le cosmos, la voie lactée. Un univers infini, mathématique, qui tend vers l’abstrait. Dans Penthesilea c’était la fumée – le nuage, les nues. Alors était présent, le ciel, le champs de bataille, le rêve ou l’Elysée. Par contre ce que je voudrais garder concret, c’est le théâtre (le lieu), le plus nu et le plus présent possible. Ne pas le cacher, ni taps, ni boîte noire.
 

Dans cette aire de jeu intégralement et immédiatement transformable par le pouvoir de la lumière (car ces toiles sont toujours dépendantes de la lumière) dans cet espace d’apparitions multiples, comment jouer?
Beatrice picon-Vallin.