Le soleil meme pleut

Le soleil même pleut

Mise en scène et interprétation
Françoise Berlanger

écriture
Françoise Berlanger

Théâtre Musical

Si les acteurs sont des sculpteurs de neige, alors Françoise Berlanger, artiste jusqu’au bout des fibres, nous offre un palais de glace où le potentiel de vie caresse la mort et l’amour. Elle nous confie l’intimité de la perte, celle de son mari qui, tout jeune, n’a pas remporté son bras de fer contre le cancer.

Aux antipodes du témoignage larmoyant et sans aucune référence religieuse, elle s’insurge, la tête haute, contre le manteau d’invisibilité que le deuil a revêtu en Occident. Elle restitue à ceux qui restent la beauté fragile de leur solitude, leur désarroi muet face au manque de rituel, leur déperdition émue devant l’ignominie de l’absence.

Son acte expérimental délie les langues et désencastre les pensées afin de braver avec dignité le tabou qui escamote la mort dans nos sociétés occidentales. Spectacle total, il combine plusieurs disciplines. Univers sonores, art plastique, musique, poème et théâtre traditionnel indien diversifient l’apport artistique de sens complémentaires. Chacun pourra happer dans cette démarche personnelle quelque chose qui lui appartient.

Véronique Stas

Crédits

Mise en Scène / écriture
Françoise Berlanger

Interprêtation
Françoise Berlanger

Scénographie
Thibault Vancraenenbroeck

Création Costume
Silvia Hassenclever

Arts Plastiques
Marcel Berlanger

Composition Musicale
Bo Van Der Werf

Musiciens
Fabian Fiorini
Gilbert Nouno
Jozef Dumoulin

Ingénieur Son
Julien Reyboz

Création lumières
Xavier Lauwers (Mons/Luxembourg)
Jef Dubois (Liège)

Direction de la construction
Claude Duquenne

Photographie
Marcel Berlanger
Françoise Berlanger
Marie-Françoise Plissart

Producteur délégué
La Cerisaie

Co-producteur
Théâtre le Manège.mons centre dramatique
Le Grand Théâtre du Grand-Duché du Luxembourg
La Fabrique de théâtre de Frameries
Le Théâtre de la Place de Liège
Ministère de la Communauté française de Belgique, service du théâtre

Avec l'aide de
Wallonie-Bruxelles théâtre danse (WBTD)
Wallonie-Bruxelles International (WBI)
Maison du spectacle – La Bellone (House of Performance)
Galerie Nosbaum&Reding, Luxembourg

Représentations

15 octobre 2011
Salla Cecilia Meirelles
Cycle Art Sonore
Rio de Janeiro, Brésil

30 avril 2011
La maison Hertz
Paris XI, France

2/3/4/5 mars 2011
Théâtre de La Place
Liège, Belgique

2/3 novembre 2010
Grand Théâtre
Grand-Duché du Luxembourg

2/3/4 mars 2010
Festival VIA
Le Manège.mons
Mons, Belgique

Dramaturgie

Note d'intention

Le soleil même pleut évoque les contraires, l’impossible, l’allégorique, le changement, la fin, la chaleur et les larmes, l’abstrait, l’infini.

Pour aller loin, il faut partir de tout près et les premières actions à accomplir sont intérieures.
— Krishnamurti, 1948.

J’écris pour enterrer, pour revivre l’enterrement, pour ne pas oublier, pour raviver, pour vivre avec ces blessures là, encore. Pour enterrer, mais mieux.

ll y a certaines histoires qui nous brûlent et qu’on a besoin de raconter. Pas seulement pour parler de ses histoires à soi mais parce qu’il semble qu’elles touchent du monde autour de soi. Parce que ces histoires font si mal qu’au départ on les tait. C’est vrais : qui n’a pas un proche, une amie, un père, une femme, un enfant qui meurt du cancer ? Sommes-nous isolés face à cette perte, ce deuil ? En parle-t-on? Le théâtre est le lieu de tous les démons. La scène qui transgresse ces tabous délie les penssées, les langues. Elle nous rassemble, en un lieu, à un moment précis pour le faire. C’est parce que depuis cette mort-là je crois encore plus à l’amour, que je vous convie à vous rappeler vos morts, vos peines. Pour voir encore la beauté après une mort, et se sentir bien (en faite) d’être là. Vouloir parler de nos failles, nos peurs mais transposées en un instant théâtral visuel et sonore intense est une épreuve j’en conviens – mais réjouissante et nécessaire.

Prologue

Dans la basse Egypte, bien avant la venue des prophètes, lorsqu'un pharaon mourait, on emmenait son corps dans une gigantesque pyramide de pierre, qui se dressait dans le sable, et on l'y enfermait pour l'éternité.

Pour qu'il ne soit pas seul, on aménageait au cœur de ces gigantesques mausolées des pièces luxueuses destinées aux domestiques, aux servantes et à toutes les femmes de Pharaon.

Ces chambres étaient décorées de leurs objets personnels, de leurs étoffes favorites, il y brûlait des herbes aux parfums enivrants, et c'était fête pour elles de s'y laisser enfermer.

Avant la fermeture des lourdes portes de pierre, chacune racontait sa vie, chantait une dernière chanson, embrassait son enfant, saluait sa mère.
Il y avait en elles le désir irrépressible et violent de dire encore une fois ce qu'elles avaient été, ce qu'elles avaient voulu être, ce qu'elles avaient fait, ce qu'elles ne seraient jamais plus.

Et ce récit des plus beaux souvenirs de chacune était ponctué d'un souffle d'acceptation, d'un "oui, je veux bien, oui" qui devenait récurrent, qui était la raison essentielle de toute une vie d'esclavage qu'elles avaient aimé, qu'elles faisaient semblant d'aimer.
Le dernier "oui" qu'elles prononçaient était le plus lointain d'entre les "oui", car déjà, entre elles et leur passé, entre elles et leur vie, il y avait un bloc de pierre qui ne s'écroulerait plus jamais.

Peu à peu, les herbes qui avaient troublé leur discours - parfois embrouillé, fait d'enchaînements étranges, d'enchevêtrements de souvenirs, de noms, de sensations - les endormaient et comme le cadeau ultime à leur maître Pharaon, elles mouraient à ses côtés soulagées d'avoir transmis à leur famille leur mémoire toute crue et toute pure comme devrait être transmise toute mémoire.

Voilà

Toi aussi tu seras enfermée dans un sarcophage immense, une tente noire et parfaitement rectangulaire, le plafond très bas, dans laquelle seront entreposés tous les objets dont tu auras besoin pour le voyage d'entre les morts, où brûleront toutes les herbes que tu aimes et que tu as toujours aimées.

Toi aussi, tu recevras pour la dernière fois ta famille, tu iras l'accueillir, et ils seront entre la joie et la douleur, ils n'oseront pas plus rire qu'ils n'oseront pleurer, et toi, tu leur raconteras le premier jour où tu l'as amené à te parler mariage, et tu parleras du long baiser, et de Larby Sharon, et des jardins de l'Alameda, et chacun t' écoutera pour la dernière fois - peut-être serait-ce trop de dire que chacun t'écoutera pour la première fois.

Et toi, tu raconteras ton Pharaon, déjà mort, à tes côtés, juste dans la pièce d'en face et qui ne peut plus rien dire, et que tu as aimé, et que tu as dépassé et qu'aujourd'hui, par ta présence de conteuse tu supplantes encore.

Et puis, peu à peu, tu sentiras tous ces parfums délétères te monter à la tête, quelques mots, quelques images s'échapperont encore de ta bouche, puis tu t'évanouiras doucement tandis que sur la pointe des pieds, ta famille regagnera la sortie et refermera cette porte qui sera ta dernière angoisse.

Peut-être verras-tu encore quelques instants les Juifs et les Grecs, les Espagnols qui ont toujours l'air fier et les Arabes qui se baladent avec leurs ânes, peut-être tu entendras encore quelques secondes les gens de l'Andalousie et les cris du marché aux poissons, peut-être tu reverras un bref instant la mer écarlate quelques fois comme du feu et les glorieux couchers de soleil et les figuiers.

Et là, tu diras "oui", une dernière fois, "oui, je veux bien, oui".

Jean-Christophe Lauwers, 1994

Pourquoi l’autobiographie

Le texte est un monologue conçu pour le théâtre. La démarche de cette écriture est plus sensitive, instinctive que réfléchie. Pour moi c’est : la mise à nu / la mise à soi. Je voudrais défendre l’acte d’écrire. Ecrire est en soi un acte fondateur, une libération, la liberté même. C’est l’histoire d’une femme qui s’offre, par la langue, pour contrer le mutisme social à propos de la mort, du deuil et du cancer. Et ce, dans la relation à l’autre, au spectateur dans son fauteuil. Car en parlant «de soi» on parle évidemment à l’autre. C’est de cette liberté que je veux parler, cette recherche de soi par l’autre.
Le texte contemporain autobiographique est une démarche avouée et affirmée d’artiste osant une expérience sur soi. Un autoportrait, comme l’entreprend le peintre. J’aime à penser la démarche du peintre qui se peint lui- même. Avec son propre style. Van Gogh, Kokoschka, et les contemporaines Vanessa Beecroft, Karen Kilimnik. Je voudrais arriver à faire mon autoportrait scénique avec mon propre style artistique.

L’écriture fait revivre les morts, fait retentir leurs questions, leurs actions.
Et les rires sont permis, l’absurde touche aussi.
Le mort rassemble les vivants ou les vivants rassemblent
le mort?

La notion du « Manifeste »

En réalisant Le soleil même pleut, je veux témoigner de plusieurs choses.
Je veux témoigner de ce qui se passe dans ce couloir délaissé (heureusement pas totalement) par la vie «normale».
Ce couloir qui est comme une île de désespérance à laquelle, pour ceux qui se portent bien, il est dangereux de prêter attention.
C’est une réalité qui peut faire peur : la maladie, la mort.

Pourquoi aurions-nous peur de ce couloir ?
Est-il le miroir de ce que nous sommes ?
Est-il le reflet de nos erreurs et nos manquements au sein de notre vie active – trop active ?
Vie décentrée de ce à quoi on tient le plus ; l’amour, l’autre, l’être aimé.
Ce couloir est-il un écho – quand on peut l’écouter – à notre traîtresse de vie ?
Celle qui court, consomme. Celle qui tait la souffrance.
Celle qui ne voit pas l’autre.

Aujourd’hui mes questions sont alors : Comment sortir de la vie ne fut-ce qu’un instant ?
Comment s’arrêter pour essayer d’inventer autrement ?
Comment être soi ou face à soi ?
Comment ne pas être cynique ?
Comment rester en lutte malgré la fin inévitable ?
Comment ne pas se laisser emporter par la tristesse ou la colère ?
Comment ne pas être seulement dans la protection de sa propre personne?

J’essaye de répondre par l’expérience que j’ai vécue dans ce couloir. Moi, face à ces personnes qui étaient là pour mourir et que j’ai côtoyées, aimées, écoutées, pendant quelques mois.
Je me repositionne aujourd’hui avec ce spectacle et redis ce qu’elles m’ont dit, ce qu’elles m’ont appris.

Créer Le soleil même pleut, c’est ma façon à moi d’agir, de répondre, de rester en alerte, en vie.
D’une manière volontaire et involontaire, impulsive et construite, consciente et inconsciente, avec flou et lucidité.

Les tabous

Existent-ils dans le theatre occidental en 2009? 

En écrivant Le Soleil même pleut, je n’ai jamais pensé au tabou ou à ce que l’institution ou les spectateurs pouvaient en penser. J’ai écrit ce que j’avais dans le cœur et ce que je ressentais profondément. Et voilà que « çà » peut susciter le débat. Pourquoi?

Car un jeune homme qui meurt d’un cancer, ce n’est pas juste. C’est révoltant. Parce que «le destin» est incompré- hensible et que « tout ça » doit vouloir dire quelque chose, «tout ça» devrait servir à quelque chose.
J’analyse autant que je peux: ce qui dérange, ce qui touche trop, ce qui ennuie.
J’analyse mon engagement par rapport à ce que j’ai vécu et ce qui m’ y intéresse.
J’analyse mon passé.
J’ai souffert du tabou, des tabous – autour de la maladie, autour de la mort, autour du veuvage.
J’ai souffert du manque de parole, j’ai souffert du manque d’écoute,
J’ai souffert de la peur des autres.
J’ai souffert des clichés de la société.
J’ai souffert de la peur des groupes face à un évènement malheureux et pourtant «normal»: la disparition.
J’ai souffert du manque d’action, de gestes.
J’ai souffert du manque de cultes, de rites, de repères sociaux, de solidarité.
J’ai souffert du manque de rassemblement autour du mort et j’en souffre encore aujourd’hui.
Je souffre du manque de moments de partage autour des souvenirs du mort.
Je souffre des blocages des familles, des amis, des proches autour du mort, de solitude autour du mort, et je ne suis pas la seule.
En jouant, certaines langues se délient, certains pleurs se décoincent, certains souvenirs renaissent.

La Scène

La scène accueille le «polychronique», le passé et le futur, mais aussi le monde intérieur et celui de l’au-delà, les rêves, les spectres, le plateau s’ouvre à la nature, ou bien devient un espace dans lequel réel et irréel cœxistent (l’un des amants est vivant tandis que l’autre est mort, ils se rencontrent seulement dans leurs rêves).

... La scène devient donc une sorte de nouveau territoire où les frontières se diluent, frontières entre les arts, entre les cultures, entre les temporalités, entre le monde des vivants et celui des disparus.

Béatrice Picon-Vallin

Dionysos ou Apollon

Si le théâtre à la base veut parler de la mort, du mort ou des morts, moi je veux en parler en exprimant la pulsion de vie que j’ai ressentie – forte, au fond de moi.

Le Dieu des jonctions, des opposés, des ambiguïtés (mort– vie, homme–femme) et des excès, dieu de l’ivresse et de l’extase, c’est Dionysos – deux fois né. C’est aussi le dieu de l’hiver, de la fête des morts ; le dieu de la traversée des ténèbres, celui qui permet à ses fidèles de dépasser la mort par la conquête de l’immortalité. Il représente la figure de l’autre, de ce qui est différent, déroutant, déconcertant.

Il est surtout le père de la tragédie. C’était au départ une sorte d’illustration du culte.
La tragédie avait une forme littéraire scandée particulière. Les chants et musiques dionysiaques font appel aux percutions et aux flûtes. Ils sont dissonants, syncopés, provoquent la surprise et parfois l’effroi. En ce sens, Dyonisos est l’antithèse d’Apollon, qui patronne l’art lyrique et l’harmonie.

Scénographie

La cabine

Il y aurait sur scène une cabine, «cabine à parole», une sorte de studio (comme un studio d’enregistrement ou un studio radio), dans lequel plusieurs personnes pourraient entrer, non sans y être vues et fort à l’étroit, ce qui permet des moments scéniques intéressant. La cabine serait rectangulaire et on verrait à l’intérieur grâce à des vitres. Dedans il y aurait deux chaises et deux micros de diffusion. C’est un espace dans l’espace scénique.

Cette cabine peut être le lieu de la chambre d’hôpital, du mausolée ou de l’imagination de la femme. Il peut être aussi dans des cas extrêmes, un endroit où l’on s’enferme pour faire des choses qu’on n’oserait pas faire en public, comme s’éffondrer en pleurs, hurler de joie ou même prier. Un exutoire. Elle signifie donc le «tout dehors» ou le «tout dedans».

Thème des espaces

— La question des limites. Sortir de soi, la schizophrénie, confondre l’intérieur et l’extérieur.
— La question du volume scénique.
Cela donnerait une femme dans un environnement aussi indéfinissable que le désert, une planète blanche, un champ vaste de fleurs sauvages ou le cosmos, la voie lactée. Un univers infini, mathématique, qui tend vers l’abstrait. Dans Penthesilea c’était la fumée – le nuage, les nues. Alors était présent, le ciel, le champs de bataille, le rêve ou l’Elysée. Par contre ce que je voudrais garder concret, c’est le théâtre (le lieu), le plus nu et le plus présent possible. Ne pas le cacher, ni taps, ni boîte noire.
 

Dans cette aire de jeu intégralement et immédiatement transformable par le pouvoir de la lumière (car ces toiles sont toujours dépendantes de la lumière) dans cet espace d’apparitions multiples, comment jouer?
Beatrice picon-Vallin.

Composition musicale

Au sujet de sa composition le Grand Gamelan,2008

L’objectif principal du projet est d’inscrire le texte sur une partition musicale. Cela demandera un minutieux travail, qui a été réalisé au fil de l’année 2009–2010, durant les rencontres
de l’auteur-metteur en scène et du compositeur musical.

Bo Van Der Werf a choisi de composer pour :
— un piano à queue, Fabien Fiorini
— une installation «rhode fender», Jozef Dumoulin
— une installation électronique, Gilbert Nouno
— un saxophone baryton, Bo Van Der Werf.
— et une voix, Francoise Berlanger.

La voix de l’actrice, sa texture, sa granulosité, son souffle, son timbre, son rythme sont autant d’éléments mobilisa- teurs pour la musique et mobilisés pour elle. A l’œuvre, une profonde interactivité. Le son comme un écho intérieur des états physiques. A l’actrice, sa vocalité mouvante.
Au synthé, ses développements graduels et obsessionnels. A l’ordinateur, l’arborescence de traits acérés, sombres et pulsatifs.

Bo Van Der Werf

La référence est essentiellement intuitive, dans le sens où je me suis librement inspiré du son et de quelques-uns des principes essentiels d’élaboration et de développement de la musique orchestral gamelan : combinatoires en strates, superpositions, cycliques finies ou infinies, symétries, lignes mélodiques simultanées, motifs périodiques, polyrythmie, rythmes complémentaires, modalité, mélodies cachées, etc. Mais à vrais dire, aucune recherche d’imitation de la musique gamelan dans ce travail, aucune référence authentique, aucun rituel, pas de retranscriptions, pas de formules...
Toutes les idées musicales sont colorées par un matériel har- monique sur lequel le groupe travaille depuis plusieurs années maintenant, principalement basé sur les modes à transpo- sitions limitées et leurs multiples applications possibles dans un contexte où l’improvisation occupe une place centrale.

J’ai travaillé sur une organisation «non-hiérarchique», où les parties solo se fondent dans le tissu musical, où les rôles sont plus flous, où les couleurs sont complémentaires, où les différentes matières peuvent fonctionner simultanément, où plusieur chemin sont possible et où les choix aléatoires des musiciens donnent à la musique des contours différents à chaque fois.

D’autres aspects du gamelan m’ont également guidé dans l’écriture : le principe d’éclatement de la mélodie par exemple, la rendant le plus souvent implicite, voire totalement subjective. J’ai tenté de garder cette idée de mélodies traçant un ou plusieurs chemins invisibles, parfois entrelacées, elles aussi se fondant dans l’ensemble. Elles seraient plus des conséquences que des références principales.
Bo Van Der Werf, Brussels 2008

L’acteur est le lieu de la synthèse des arts, de tous les arts que son plateau accueille : arts plastiques, musique. Loin de chercher à détruire le théâtre, il en élargit au contraire les limites, explorant son territoire dont les frontières sont mobiles.
Béatrice Picon-Vallin

Discographie sélective

En tant que Leader
Octurn ‘XPs live’ (Cypres Open)
Octurn ‘North Country Suite’ (De Werf)
Octurn ‘21.emanations’ (Yolk records)
Octurn ‘Dimensions’ (De Werf)
Octurn ‘Round’ (De Werf)
Octurn ‘Ocean’ (De Werf)
Octurn ‘Chromatic History’ (De Werf)

En tant que participant
Magic Malik Orchestra ‘XP2’ (Label bleu)
Brussels Jazz Orchestra ‘Counter Move’ (De Werf)
Brussels Jazz Orchestra ‘Dangerous Liaison’ (Harmonia Mundi)
Philip Catherine / Bert Joris / Brussels Jazz Orchestra ‘Meeting colours’ (Dreyfus Jazz)
Patrick Zimmerli / Octurn ‘The Book Of Hours’ (Songlines)
Kenny Werner / The Brussels Jazz Orchestra Kenny Werner plays his music with the Brussels Jazz Or- chestra ‘Naked In The Cosmos’ (Jazz’n’puls)
Brussels Jazz Orchestra ‘The Music of Bert Joris’ (De Werf)
Pierre Van Dormael ‘Vivaces’ (Igloo)
Tribu ‘Tribu’ (Musivi)
Deep In The Deep ‘Snake Ear’ (J.A.S)
Aka Moon ‘Invisible Sun’ (Carbon 7)
The Brussels Jazz Orchestra ‘The September Sessions’ (De Werf)
Aka Moon ‘Elohim’ (Carbon 7)
The Brussels Jazz Orchestra ‘Live’ (BRTN radio 3)
Aka Moon ‘Ganesh’ (Carbon 7)
Félix Simtaine ‘Intensive Act’ (Igloo)

Le public

Ce spectacle représente une telle charge d’émotions, de souvenirs, de questions, que certaines personnes spectatrices ressentent le besoin de parler ensuite, partager leur histoire à elles, ou simplement écouter. Je pense qu’il faut absolument tenir compte de ce temps de parole, de détente autour du sujet. Que ce temps soit libre pour chacun, non obligatoire, mais bien organisé à l’avance par le lieu et annoncé. Sous forme de dialogue simple, dans la salle ou dans le bar, sous forme de débat, avec des invités, il y a plusieurs possibilités. Ce temps-là est indispensable et je m’engage à le tenir pendant les 30 minutes (ou plus si nécessaire) qui suivent le spectacle.

Extraits

Vidéo

Audio

Assiettes

Chant

être là

Ezra

Un ogre

Liste 1

Froid
Sûre
Orange
Vent bruissant
Vent
Doux
tout doux
Kleine
Musik
Disque vinyle
Armoire qui grince
Bois
Odeur cave
Botte plastique
Pluie
Corniche
Feuille
Et boue
Froid
Bruit d'avion
Houx
Pique
Pied nu
Rire
Course
Cœur
Battre
Rire
Arbre
Jardin
Herbe
Herbre
Lapin
Par terre
Ramper
Ortie
Rire

Liste 2

Un ogre
Mon grand-père
Mon arrière grand-père
Le soleil à deux centimètres
La mer vide
Le centre terre
Le train passé sur moi
Mon cœur concrètement
L'orme
L'agneau la gorge tranchée
La plage de Misserghin
La ville d'Oran
L'âne d'Oran
Les grenouilles géantes
Les égouts dedans
Mon ego
La rose des sables
Quelque chose de vraiment calciné.

Liste des Listes

Liste
Liste
Liste
Liste
Liste
Leiste
Leiste
Leste
Lerste
Lerste
Leste
Leste
Luste
Luste
Lurste
Lurste
Lust
Lust
Lute
Lute
Lutte
Lule
Lule
Lenle
Lur
Lert
Er
Lul
Ent
Ent
Lent
Lur
Lenl
Lents
Luls
Lel
Ler
Lu
Les
Lus
L

Deuxième Chant

Je suis assise et me projette / ailleurs / marche ailleurs /
Dans des lieux connus - mm / Inconnus - mm

Mon esprit galvaude / galvaude /
En veillant le jour / la nuit - mm / un contrôle sur moi /

Il est allongé sur le dos / voyage / lui aussi /
Influence des produits - mm / sa propre volonté /

A deux / à deux se balader /
(parlé) La forêt / les étangs / un terrier / les rails de train / les champs de jonquilles /
la marre aux tritons /
(chanté) Les pieds dans l'eau /

(parlé) Lui couché dans son lit / moi penchée sur lui /
(chanté) Sortir des corps / mmmm...

English

About

Françoise Berlanger presents us with the loss of her husband, who died of cancer at a young age. The antithesis of the tearful story- teller, and with no religious references, she rails against the invisibility cloak worn by bereavement and mourning in the West. A world of sounds, visual arts, music, poetry and traditional Indian theatre makes for wonderful artistic diversity. Everyone will find something they can relate to and take away from this very personal story.

Português

Resumo do Projeto

O espetáculo de teatro musical é um texto autobiográfico sobre a história de uma mulher que, por meio da linguagem, luta contra o mutismo social sobre a morte, o luto e o câncer.

Objetivos do projeto

"O projeto tem, como proposta fundamental, a criação de um espetáculo de teatro musical com texto autobiográfico sobre a história de uma mulher que, por meio da linguagem, luta contra o mutismo social sobre a morte, o luto e o câncer. O texto construído e interpretado por Françoise Berlanger é um monólogo concebido para teatro. A abordagem desta escrita é mais sensível e instintiva. A escrita é em si um ato fundador, a libertação, ela é libertária em si. E isso se dá em relação ao outro, ao espectador em sua cadeira, pois falar de si é evidentemente falar do outro. É essa liberdade a que se refere a performance, essa busca de si pelo outro. O texto é uma abordagem contemporânea, autobiográfica, que afirma a artista que ousa uma experiência em si mesma. É um auto- retrato cênico com seu próprio estilo artístico.
O compositor belga Bo Van Der Werf compôs uma partitura original para o espetáculo, a partir do texto e de oficinas de criação com a diretora. Bo é o líder do grupo de música contemporânea Octurn Ensemble, e a música reflete o colorido harmônico em que o grupo musical vem trabalhando há vários anos, em um contexto onde a improvisação é o componente central do espetáculo. O espetáculo envolve o trabalho do artista plástico Marcel Berlanger e a performance teatral da atriz e diretora Françoise Berlanger com a presença dos quatro músicos do Octurn Ensemble.

A Música do Bo Van der Werf

"Todas as idéias musicais são coloridos por um material harmônico em que o grupo vem trabalhando há vários anos, principalmente baseados em transposições limitadas e suas múltiplas aplicações potenciais em um contexto onde a improvisação é central. Eu trabalhei em uma organização "não-hierárquica, onde as partes individuais misturam-se no tecido musical, onde os papéis são mais tênues, onde as cores são complementares, onde diferentes materiais podem funcionar simultaneamente, ou mais caminhos são possíveis e que as escolhas aleatórias dos músicos dão os contornos diferentes da música o tempo todo. Outros aspectos também me orientaram na escrita: o princípio de dividir a melodia, por exemplo, tornando-a o mais das vezes implícita, se não inteiramente subjetiva. Eu tentei manter essa idéia de traçar uma melodia ou várias formas invisíveis, às vezes interligadas, também com base no todo. Elas são mais conseqüências que referências primárias". Bo Van Der Werf, Bruxelas 2008

As artes visuais do Marcel Berlanger

O artista Marcel Berlanger está associado aos projetos de teatro e performance “Pentesiléia” (2006), “L’euf Blanc” (2006), “Ur” (2007 – 2009), “Le Soleil Même Pleut” (2010) e “Klanglink” (2010).
Artista plástico de Bruxelas, mostra um local onde pintura, luz e som ressoam no mesmo espaço, uma imensa plataforma no novo centro de arte contemporânea WIELS. Confecciona ele mesmo seus suportes. Eles são compostos de fibra resina de vidro líquido transparente endurecido, que cobertos com tinta, Para refletir a luz. Sua intervenção visual é lida aqui como um enigma, como Freud, que falou dos sonhos como uma "escrita em imagens", chamando a decodificação: uma palavra história - Enigma do sonhador - que compõem uma cadeia associativa disponível para a interpretação.