Penthesilea

Penthesilea

Mise en scène et interprétation
Françoise Berlanger

D’après Heinrich Von Kleist

Théâtre Musical

Amazone invaincue, Penthésilée reçoit en plein cœur une flèche, celle de l’amour. Décochée par Achille, qu’elle désirera et... déchirera avant de le dévorer. Et de succomber. Kleist en fit une pièce de théâtre. Cinq jeunes créateurs s’en saisissent. Ils en isolent le monologue. Talents associés, interdépendants, ils cristallisent son chancellement : jeu sur le fil du chant, peinture sur fibre de verre translucide, musique électro-acoustique manipulant live sons et voix, lumière et espace oscillants. Par éclats, ils plongent dans la conscience cruelle et hallucinée de cette femme en guerre avec elle-même, dans le vacillement fatal de sa chair et de son esprit. La scène est son abîme.

Claire Diez

Crédits

Création d’après le texte de
Heinrich Von Kleist, traduit en français par Julien Gracq

Mise en scène et adaptation
Françoise Berlanger

Interprétation
Françoise Berlanger

Arts Plastiques
Marcel Berlanger

Assistante à la mise en scène
Elise Vandergoten

Musique
Cédric Dambrain, Patrick Delgès

Scénographie & costumes
Thibault Vancraenenbroeck

Lumière
Xavier Lauwers

Direction technique
Jef Dubois

Photographie
Thierry Monasse

Communication
Anne-Sophie Van Neste

Production / Coproduction
La Cerisaie asbl, Le Kunstenfestivaldesarts, le Théâtre de la Place à Liège. Avec l'aide du Ministère de la Communauté française service théâtre, musique classique et arts plastiques.

Avec l'aide de
Centre de Recherches et de Formation Musicales de Wallonie asbl, (CRFMW) et de Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse (WBTD), SACD, La Fabrique de Théâtre de Frameries, BPS 22 Charleroi, L’Escaut asbl, Le CIFAS, La Balsamine, Le CGRI

Représentations

Création: 

16/17-19/20 mai 2006
Kunstenfestivaldesarts
Théâtre National
Bruxelles

8-18 novembre 2006
Festival Emulations
Espace Uhoda
Théâtre de la Place
Liège

23/24/25/26 janvier 2007
Centre d'art contemporain BPS 22
La Fabrique de théâtre du Hainaut
Charleroi

11/12 avril 2007
SPILL festival of performance
Barbican Theatre
London, UK

29/30 septembre 2007
Festival Les Francophonies en Limousin
Limoges, France

Dramaturgie

“Interprêter le mythe » - Michel Tanner

Penthésilée, reine des Amazones, créature mythique, a traversé les siècles de mythologie pour échapper au monde grec et rejoindre l’œuvre de Heinrich von Kleist, romantique allemand, qui est un des auteurs les plus importants et les plus essentiels de l’histoire du théâtre, même si les esprits latins que nous sommes le laissent un peu à l’écart des circuits de lectures et de représentations.
Dans la littérature du génial von Kleist, notre héroïne, amoureuse de l’invincible Achille a été prise en main par une jeune praticienne de grand talent, Françoise Berlanger, comédienne et adaptatrice, sœur de Marcel le plasticien ; ensemble ils ont organisé un univers mi fantasmagorique, mi réel, entre l’enfer (Hadès) et la vie qui crie la douleur d’une femme blessée par les flèches décochées par l’arc de l’amour de l’autre.
Jeu sur la voix, musicalité des corps d’une actrice réincarnée dans la chair et la conscience d’une héroïne au sens strict du terme. La fin tragique, la mort du héros, n’enlève rien ni à la beauté plastique, formelle, d’une confrontation triangulaire qui met face(s) à face(s) la musique, la peinture et le vivant qui n’a qu’un seul destin inscrit : la mort. Nous sommes loin du théâtre de boulevard dans ce récit magnifique. Nous évoluons au gré des émotions de Françoise Berlanger, qui provoque les nôtres, qui mélange sans qu’on puisse s’en rendre compte le dedans et le dehors, le temps et l’espace. C’est du théâtre qui bascule hors de son époque, qui remet en cause la réalité de ses sens dans pléthore de questions dont les réponses sont nécessairement différentes chez chacun d’entre nous. Les mots manquent, sont faibles pour décrire cette performance. Ils sont à côté de leur sens et
« magnifique », « superbe », « surprenant », « intense » et « génial » ne s’adressent pas à cet objet présenté par quatre artistes hors du commun, et en tout état de cause « inclassables ».

in Magasin N°21 Province de Hainaut

Laurent Bourdelas

Elle est là, nue, tordue par l’amour et le désir, agrippée à son carquois et à ses flèches, seins aux aréoles dures : Françoise Berlanger est Penthésilée (Πενθεσίλεια), reine des Amazones, comme sortie du rêve romantique que fit Heinrich Von Kleist en 1808 et qui fut traduit par Julien Gracq par la suite. Qui mieux que lui – shakespearien – a confronté Eros et Tanathos ? Sophocle sans doute, avec Antigone, dont il semble s’être souvenu. Heinrich Von Kleist, que la magnifique actrice récite aussi en allemand, a sondé dans ce texte les ténèbres les plus profondes, le gouffre où Baudelaire pensait plonger pour y trouver du nouveau. Mais le poète, le dramaturge, n’y a trouvé, découvert que l’annonce de sa propre mort (Nietzsche cite la lettre, où Kleist dit comment la lecture de Kant l'a réduit au désespoir, lui retirant tout but, une existence condamnée au relatif devenant l' « incurable » même); il se suicida en effet (comme plus tard son biographe Zweig) en 1811 dans l'Île aux Paons, sur le lac de Wannsee, avec sa compagne Henriette Vogel, atteinte d'un cancer : il lui tira une balle de pistolet puis se tua. Depuis, avec la conférence de 1942, Wannsee est devenu un symbole du mal absolu, avec la décision des dignitaires nazis d’organiser la solution finale contre les Juifs et l’on ne doit pas oublier ici qu’Hitler concevait sa guerre comme celle racontée dans l’Iliade. Françoise Berlanger crée une œuvre magnifique et gothique, aidée par les compositions et manipulations électroniques de Cédric Dambrain et Patrick Delges qui accompagnent sa voix jusqu’à l’intérieur même du tombeau. Au-dessus de l’artiste, des toiles sur fibre de verre translucide (plasticien : Michel Berlanger) offre un ciel symbolique et archaïque: pierres d’un sol désertique, végétaux acérés, chouette (d’Athéna ?) ... Une nuée blanche baigne les pieds de Penthésilée, comme courant sur le champ de bataille où s’opposèrent les Grecs et leurs rois – Ulysse, Diomède, Antiloque, Achille – à l’armée des Amazones, non loin de Troie. Nuée des mythes, nuée de l’Olympe, nuée qui enserre les corps comme un linceul. Le rouge qui barre un temps la scène rappelle La mort de Penthésilée représentée sur un kylix attique du 5e siècle avant J.C. De même que la manière dont l’actrice s’avance, droite, vers le public, fait songer à une tapisserie du logis royal d’Angers sur laquelle Penthésilée marche elle aussi avec une tranquille assurance vers le spectateur, le pied gauche en avant, le visage impassible. Françoise Berlanger, icône nue, amazone aux mouvements de bayadère sensuelle, se nourrit de toutes les traditions, de toutes les écritures, sans doute aussi du Roman de Troie écrit au beau milieu du 12e siècle. Elle raconte un amour dévorant, cannibale, où il s’agit pour la femme qui aime de manger son amant. Elle crie une passion désirante et déchirante. L’amour à mort. Elle dit un texte superbe de poésie, celui de Kleist, celui de Gracq, où les roses de la fête deviennent sanglantes. Amour sauvage où il faut tirer l’épée pour séduire (Achille) funestement : « Que l’étoile où je respire se dessèche comme chacune de ces roses sur sa tige ! Que la guirlande des mondes se brise sous mes doigts comme ces chaînes de fleurs ! ». Os brisés, poussière, âme jetée en pâture aux Erinyes. Voici l’amour de Penthésilée. Cris et chuchotements, voix oraculaire, interprétation virtuose, volutes sifflantes et sourdes, ondulatoires, de la musique électro, découpage judicieux du texte parfois repris comme un leitmotiv, font de cette version de Penthésilée un vrai bonheur pour les sens, le cœur et l’imaginaire.

24 octobre 2007, LIMOGES pour Le Festival des Francophonies

Claire Diez

Écoutez – et là où vous êtes, demeurez pétrifiées car je suis la Gorgone africaine. [...]

Car maintenant je descends en mon cœur comme dans le fond d’une mine – et j’en retire – aussi froide que le métal – la pensée qui va m’anéantir. Ce métal, je le purifie au feu de la détresse – j’en fait un dur acier – je le trempe de part en part dans le venin du remords – je le porte sur l’enclume infrangible de l’espérance – et je l’affile et je l’effile en poignard – et à ce poignard enfin je tends ma poitrine. Là ! – là ! – là ! – là ! – Et encore ! Et c’est bien. [...]

Heinrich Von Kleist, Penthésilée, Scène XXIII et XXIV, traduction Julien Gracq, Ed. José Corti, Paris 1954, pp 106 et 122.

« Aucun n’est au service de l’autre mais chacun est la condition de l’autre ». Cinq jeunes créateurs œuvrent ensemble à « déverrouiller de l’intérieur » la conscience affolée de Penthésilée, reine de ces Amazones, libres et guerrières, qui rejettent tout emprise masculine, à commencer par celle de l’amour. Sur le champ de bataille, Penthésilée s’éprend subitement et follement d’Achille. Un désir qui la déchire, transgression absolue de sa raison et des lois de son clan. L’un des représentants les plus originaux du romantisme allemand, Heinrich Von Kleist explore, en une pièce radicale et instable, le basculement fatal de ce personnage mythique dont il arpente par les mots les sensations fulgurantes et les déverrouillages de la conscience.

« Ce sont les états de cette Penthésilée dépeinte par Kleist qui nous ont rassemblés. Nous ne nous sommes pas choisis pour chercher ensemble quel projet nous allions réaliser : c’est le projet lui- même qui a aimanté chacun d’entre nous : Françoise Berlanger, actrice/metteur en scène, Marcel Berlanger, plasticien, Cédric Dambrain et Patrick Delges, musiciens, Thibault Van Craenenbroeck, scénographe/costumier
« Chacun est la condition de l’autre... » La démarche créative qui s’amorce ressemble à un prisme. Sa lumière initiale est le mot, par qui passe le cheminement de cette femme en proie au vacillement. Une lumière qui heurte l’espace du théâtre – mental –, verbe qui se diffracte au gré du jeu, de la peinture, de la musique, de la scénographie et de l’éclairage, mouvants, interactifs et complémentaires. Ou encore, le texte de Kleist tel un fluide d’un volume constant qui ne cesse de chercher son équilibre dans plusieurs vases communicants – chaque discipline mise en jeu. Même le montage final des fragments de Kleist ne se stabilisera qu’au stade ultime des répétitions.

Marcel, le peintre, se passionne depuis 2002 pour le champ de possibilités qu’ouvre la peinture sur toile transparente en fibre verre : une trame souple qu’il rigidifie de résine avant d’y peindre à l’huile un tableau traversé de lumière, désormais visible à l’envers comme à l’endroit. Son intervention visuelle se donne ici à lire comme la phrase d’un rébus, à la manière de Freud qui parlait des rêves comme une « écriture en images » appelant le déchiffrage : mots d’un récit – énigme du rêveur – qui composent une chaîne associative offerte à l’interprétation. Chrysanthème, cyprès, petite boule florale nommée dorridge green, tête de harpie (rapace diurne), agave aux feuilles « agressives et guerrières »... Six images peintes en noir et blanc, d’un trait réaliste, dont la figure importe autant que la structure, six images sur toiles translucides de différents formats, suspendues en lignes sur l’horizon de la page mentale d’une Penthésilée qui se verra attirée par l’une ou l’autre au gré des états qui la traversent. « Un front de mer », dit Marcel, « un front de guerre... » Et, au- dessus du public, pendra une autre toile, perpendiculaire, perforée par une salve meurtrière, peut- être le profil d’une femme ou la blancheur d’une surface vide, vierge et déjà blessée...

Thibault, le scénographe, crée aussi les costumes. Il veille à la circulation mobile de l’ensemble : le corps mouvant de l’actrice qu’il veut « plongé dans un élément d’instabilité », la présence fixe des musiciens dont il dessine les directions d’émission. Le sol disparaîtra sous une fumée blanche, tapis volubile et volatil, vivant au gré des déplacements de Penthésilée, mi-femme mi-animale, coupée en deux : buste nu à la peau claire et large jupe en souple peau de bête, noire, luisante... soyeuse et lourde.

En fond de scène, les deux musiciens, légèrement surélevés, l’un à l’ordinateur, l’autre aux synthétiseurs : ils sont la résonance auditive de la conscience modifiée de Penthésilée, le relief de ses gouffres. Cédric et Patrick interviennent en temps réel au terme d’un long travail où la matière sonore les aura amenés à participer activement à la (dé)structuration du texte de Kleist, jusqu’au montage final. La voix de l’actrice, sa texture, sa granulosité, son souffle, son timbre, son rythme sont autant d’éléments mobilisateurs pour la musique et mobilisés pour elle. A l’œuvre, une profonde interactivité. Le son comme un écho intérieur des états physiques. A l’actrice, sa vocalité mouvante. Au synthé, ses développements graduels et obsessionnels. A l’ordinateur, l’arborescence de traits acérés, sombres et pulsatifs.

Cette lumière initiale du texte de Kleist se démantèle pour mieux se reconstruire. Son montage ne suivra pas le fil de la narration. « Il nous fallait la déstructurer pour habiter le corps de la langue, déployer sa syntaxe à travers le prisme des disciplines. » Sans cesse remises sur le métier, Françoise propose de multiples articulations à ses complices. Elle les teste vocalement et catalyse le texte autour de différents états qu’actrice, elle exhalera. Le fond et le son de la langue ne forment ici plus qu’un et même périple. Puisque chez Kleist, l’indicible violence n’est jamais incarnée mais s’image de l’intérieur du mot. Télescopant le lyrique et le concret, la pulsion et la raison, l’errance de Penthésilée s’expérimente, oscillant sans cesse entre le rire, le plaisir et les larmes, la détresse, entre le qui-vive de la chasse, la rage, le sauvage et la concentration déterminée. « Les contrastes entre ces états sont très forts et il est fondamental pour nous de ne rien souligner : préférer l’instable à l’installé, la force du mot à l’intention de jeu, effacer la frontière entre l’intérieur et l’extérieur. »

« Le romantique est le terrain fertile sur lequel se développeront les recherches sur l’inconscient », termine Marcel. Sur la table de travail gisent quelques figures géométriques : nœud de Moebius et cercle hypnotique du Tore dont Lacan se saisit de la métaphore pour fonder une part de ses théories, formes présentes telles des trames souterraines inspirantes pour chaque discipline sollicitées en scène. Sans issue possible, arpenter le plateau, pérégriner sur un chemin qui mue continuellement sa surface en profondeur, sans dessus dessous, sens dessus dessous...

« Rien ne peut la faire sortir de sa nuit et de son secret », écrit Kleist au sujet de Penthélisée. Hors la mort. Son ultime délivrance ?

Bruxelles, mars 2006

Presse

Laurent Ancion – Catherine Makereel

« KunstenFESTIVALdesArts/ Françoise Berlanger, l’enchanteresse. Une fascinante alchimie. En un heure, Françoise Berlanger incarne tous les personnages de ce conte mythique.Grâce ausx ingénieux musiciens électroniques acoustiques(...), sa voix trafiquée au micro se mue en souffles, rythmes,timbres bigarrés, virilisés, aiguisés, pour incarner Penthésilée, Achille, Artémis,..L’actrice habite chaque mot avec intensité, engagée de tout son être dans ce champ de bataille.(..) Au final, Penthesilea réussit un envoûtant mariage du jeu, de la peinture, de la musique, de la scénographie et des lumières pour un théâtre un rien en avance sur son époque. »

Le Soir, Mai 2006

Sabrina Weldman

« Du texte de Kleist, Françoise Berlanger a fait (...) un monologue qu’elle mettra en scène et interprètera dans une tessiture qui ira du murmure au cri. Cette création, tissée en connivence avec les artistes associés au projet, tentera de restituer la conscience vacillante, hallucinée de la reine des Amazones : c’est ainsi que les toiles de Marcel Berlanger seront hypnotiques, que la musique électronique voyagera dans les extrèmes, que la lumière sera mouvante. Penthesilea ouvrira à un théâtre de sensation. »

Le Généraliste, Mai 2006

Anneleen Abbeel

« Penthésilée est beaucoup plus qu’une interprétation verbale du mythe classique. L’interaction entre la lumière, le décor et la musique n’est pas moins importante. Marcel Berlanger a créé cinq tableaux en noir et blanc à la base de fibre de verre transparante et de peinture à l’huile. Les toiles représentent un chrysanthème, un cyprès, une composition florale, un rapace et les feuilles d’une plante tropicale et sont accrochées au-dessus de l’actrice. La lumière y passe pour que les spectateurs puissent voir les œuvres d’art des deux côtés. Cette intervention visuelle se laisse lire comme un rébus et a comme 'solution' l'état d'âme de Penthésilée. En outre, au-dessus du public est accroché un bout d’étoffe criblé de balles, ce qui représente une femme intérieurement blessée. »

Student VLEKHO, Mai 2006

Catherine Makereel

Liège va perdre la boussole. Le Festival Emulation lance sept spectacles de jeunes compagnies(..)

Découverte au KunstenFESTIVALdesArts, cette pièce mise en scène par Françoise Berlanger, adaptée du texte d’Heinrich von Kleist(1777-1811), propose un sombre et envoûtant voyage au pays des Amazones.(...) Tour à tourPenthésilée, Achille, Artémis, Françoise Berlanger incarne tous les personnages avec intensité, engagée de tout son être. La scénographie, lumineuse et inquiétante, de Marcel Berlanger ponctue l’intrigue de ses toiles en fibres de verre, tandisque les arrangements électroacoustiques live de Cédric Dambrain et Patrick Delges modulent la voix de la narratrice en autant de timbres bigarrés, sensuels ou inhumains. Rarement aura-t-on vu marriage aussi subtil et réussi entre jeu, peinture, musique et multimédia. Le MAD, Le Soir, 31 octobre 2006

Hazel, The Londonist

(...)Penthesilea was Françoise Berlanger’s hour-long solo show. It was a text – heavy performance, essentially a reading with two sound artists providing a white noise and feedback soundtrack, and stage design by Marcel Berlanger, Françoise’s visual artist brother. There was nothing more than Françoise Berlanger’s commanding presence on stage, her extaordinary voice booming and shaking as she stoodin a shifting sea of dry ice beneath five illusrated panels that depicted different aspects of Penthesilea’s tale (..) In a post-show discussion with Françoise en Marcel Berlanger led by Lyn Gardner from the Guardian (...)Françoise revealed in a soft voice that she had performed Penthesilea in English for the Spill Festival for the first time.(...) Berlanger spoke of her feelings of loss when her husband died and her conscious decision to turn these feelings outward, using her skills as an artist and performer to create something out of her loss. We had witnessed something very personal, very powerful and uncompromising.

The Londonist, 13 April 2007

Extraits

Audio

la gorgone

Qui a tué mon mort

Video

English

Synopsis

The unconquered Amazon Penthesilea is hit in the heart by an arrow of love fired by Achilles. She desires him and... tears him apart, devours him and then succumbs her self. Kleist created a play out in which has been picked up by five talented and interdependent young creators. They separate out its monologue and crystallise her vacillations with acting that follows the thread of the singing, painting on translucent fibreglass, electro-acoustic music manipulating sounds and voices live and oscillating light and space. In flashes they plunge into the cruel and haunted consciousness of a woman at war with herself as her flesh and her mind falter with fatal effects. The stage is her abyss.